La Commune en 1900

Les monographies des instituteurs

 
 
Ces monographies ont été réalisées à la fin du XIX° siècle par les instituteurs sur la demande du Ministère de l'Instruction Publique pour la préparation des expositions de l'enseignement primaire public aux expositions universelles de 1889 ou de 1900.
 
La Commune en 1900
 
SITUATION
 
Situé par 0° 7' 15'' de longitude Ouest et 50° 2'56'' de latitude Nord dans la canton de Domart et de l'Arrondissement de Doullens. Pernois fait partie de l'ancien amiénois.
 
COMMUNES LIMITROPHES
 
Son territoire est bordé de huit communes,
  • au Nord : Berneuil,
  • au Nord-Ouest : Montrelet et Fieffes,
  • à l'Est : Canaples,
  • au Sud-Est : Halloy-les-Pernois,
  • au Sud : Vignacourt,
  • au Sud-Ouest : Berteaucourt les Dames,
  • à l'Ouest : St Léger
 
SUPERFICIE ET POPULATION
 
Sa superficie est de 883 hectares et une population de 549 habitants au recensement de 1896 en font une commune d'importance moyenne.
 
ORIGINES
 
Temps préhistoriques. Antiquité gauloise et gallo-romaine
Pernois est d'origine ancienne. Quelques haches en silex sont précieusement conservées par ceux qui les ont découvertes dans les souterrains.
 
MOYEN AGE
 
Epoque gallo-franque. Epoque féodale du IXemeSiecle au XVIème Siècle
Ancienne maison des Templiers aujourd'hui détruite se trouvait à peu de distance de la Nièvre ; on y trouve encore des grés indiquant 1'emplacement. Le village a son église vers l'année mil trois cent quatre-vingt.
 
TEMPS MODERNES
 
Du XVI Siècle à la Révolution
Ruines d'un Château sur une éminence qui domine la vallée de la Nièvre. Il en reste encore quelques débris informes et son emplacement est très facile à reconnaître sur le versant de la colline. Ce château était dit-on, la résidence d'été des Evêques d'Amiens, toute la partie nord-est était couverte de bois, aujourd'hui ces terres livrées à la culture sont assez productives.
 
TEMPS ACTUELS
 
Grands faits. Hommes remarquables
Aucun homme célébré n'est né à Pernois ; pendant la guerre de 1870 - 1871 vingt-cinq jeunes gens combattent, huit sont morts sur le champ, depuis lors un autre est mort aux colonies à Madagascar, hôpital militaire de Majungo (1896)
Développement économique. Avenir possible de la commune
Par suite de la création d'une route nouvelle d'Hangest à Canaples qui passe vers l'extrémité sud du pays, le centre de Pernois ne voit plus aucun étranger. Cependant les habitations sont plus confortables et les chaumières disparaissent ; le bien-être pénètre un peu dans les familles, l'instruction se répand, les assurances existent partout, les indigents sont assez nombreux et sont secourus en partie par la charité, privée et le bureau d'assistance médicale gratuite ainsi que par les ressources du budget. La population diminue beaucoup.
Bien modeste est l'histoire de Pernois, néanmoins elle a son intérêt pour les habitants du village qui ont pris des habitudes d'ordre, d'économie et de prévoyance ; l'agriculture est peu prospère par suite des années de grêle ; mais la plus grande partie des ouvriers est actuellement employée à l'usine d'Harondel ; le salaire est plus rémunérateur ; l'agriculture est privée de bras surtout au moment de la moisson et les récoltes ne sont pas à l'abri des intempéries n'étant pas rentrées en temps opportun.
 
COMMUNICATIONS
 
Routes. Communications avec les hameaux. Voies navigables
Plusieurs routes et chemins rattachent les hameaux en chef-lieu et favorisent grandement la circulation régionale. Aucune voie navigable
Voies ferrées. Service postal, télégraphique et téléphonique
La ligne d'Arras au Tréport passe à Pernois où il y a une station qui ne fait que les colis postaux et le service des voyageurs avec bagages.
Poste : une distribution et télégraphe à Berteaucourt distant de trois kilomètres.
Améliorations souhaitées
Le perfectionnement du service des lettres est réclamé depuis longtemps, la commune n'a qu'une seule distribution et le temps que l'on dispose entre l'arrivée et le départ du facteur est insuffisant ; depuis peu deux trains de voyageurs prennent les lettres à une heure et à trois heures du soir
 
AGRICULTURE
 
Superficie cultivée, Catégories de sol exploité
Sur les 883 hectares de la commune, le territoire agricole compte 858 hectares, répartis en terres labourables 796 hectares, prés 5 hectares, jardins 10 hectares, vergers 12 hectares, bois 50 hectares, marais 5 hectares. Le territoire non agricole occupe 25 hectares
Principales cultures
Près de la moitié des terres est cultivée en céréales (blé, seigle, orge, avoine) le tiers en plantes ou racines fourragères (luzerne, sainfoin, trèfle, betteraves, fourrages). La partie restante produit la pomme de terre ou se repose en jachère ; peu de lin, plus de chanvre. Le rendement est assez bon pour les céréales. Les foins sont le plus souvent d'excellentes qualités et trouvent facilement acheteur du dehors. Les prés sont de rapport moyen. La production fruitière des jardins et des vergers est presque nulle ; on ne plante pas assez le pommier et le poirier. La coupe annuelle des bois est peu importante
Elevage Bétail et animaux de basse-cour
Les chevaux sont au nombre de cinquante-sept, un âne, cent quarante-deux vaches et veaux sur ce nombre il y a soixante-dix-neuf vaches laitières, cent porcs, cent vingt moutons, quarante-trois chèvres.
Apiculture
Il y a environ cinquante ruches qui ont produit en 1896 cent kilo^ de miel et cinq kilos de cire.
Etat de la propriété
Les deux mille trois cent deux parcelles du territoire appartiennent à cinq cent cinquante propriétaires et se répartissent en cent soixante-deux exploitations dont quarante sont inférieures à cinq hectares
Méthodes d'exploitation
Les méthodes et l'outillage agricoles sont en progrès, la routine disparaît ; mais peu de fumiers sont bien soignés et le purin s'écoule dans les rues ; les engrais chimiques sont peu employés. Il n'existe pas d'associations agricoles.
Pêche et Chasse
Peu de poissons se trouvent dans la Nièvre, quelques truites et quelques anguilles ainsi que des brochets. La chasse réservée au profit de la commune est bonne chaque année.
Nature du sol
Le sol de la commune appartient aux formations tertiaire et quaternaire ; il est marécageux en partie le long de la Nièvre, calcaire à quinze cents mètres rive droite, argileux et bieffeux rive gauche. Plus on s'éloigne du centre, plus l'argile entre dans la composition du sol
Relief
La vallée de la Nièvre (affluent de la Somme) est bordée de vallons, son altitude inférieure est de trente-neuf mètres. L'altitude culminante atteint cent quarante mètres et se trouve au nord et sud. De ces deux points on domine les alentours*
Conditions climatologiques
Situé par 70 m d'altitude moyenne, à environ 60 km de la Manche, la commune jouit d'un climat salubre, tempéré et sec. Les vents du sud - ouest et du nord - ouest y souffrent avec assez de force pendant une grande partie de l'année. Les observations relatives aux orages sont imparfaites ; néanmoins pendant les trois années 1894, 95 et 96 le territoire de la commune a été très éprouvé par la grêle et les dégâts ont atteint cent cinquante mille francs.
Régime des Eaux
Il existe des nappes souterraines qui alimentent les puits et les sources.
La plus abondante de ces sources est celle dit »du Parc » où se trouvent les précipices et dont certaines légendes accroissent encore que l'on éprouve en approchant de ses bords.
Le seul cours d'eau permanent est la Nièvre, habituellement de faible débit. En temps de pluies prolongées ou de fontes des neiges, elle reçoit les eaux qui glissent le long des versants et grossit rapidement, pénétrant même dans les habitations voisines de ses bords.
Influence maritime
L'influence de la mer sur la contrée contribue à rendre le climat moins sec.
Particularité de la flore et de la faune
La flore et la faune n'ont rien de particulier : prêle, mauve, avoine sauvage, herbes folles, nombre d'oiseaux : corbeaux, pies, merles, tourterelles, mésanges, fauvettes, pinsons, moineaux. Il n'existe ni grands fauves ni reptiles dangereux ; dans le "parc" on rencontre quelques couleuvres inoffensives.
 
Chef-lieu de la Commune, son importance
Pernois, le Chef-lieu compte 498 habitants sur 549 qui composent la commune, c'est le centre administratif, scolaire et religieux.
Hameaux, leur importance
Les cinquante et un habitants formant la différence se groupent en 4 hameaux ainsi dénommés :
Pont l'Evêque 7 habitants à cinq cents mètres
Cléry 7 habitants à sept cents mètres
Bellettre 12 habitants à six cents mètres
Soudet 25 habitants à sept cents mètres
Nombre d'électeurs. Autres chiffres relatifs à la population
La commune compte 195 électeurs, 405 adultes de 16 ans et plus (205 hommes 230 femmes) 172 ménages (50 écoliers garçons et filles). Aucun étranger n'habite Pernois.
Administration et Finances municipales
Douze membres composent le Conseil Municipal qui élit le Maire et l'Adjoint. Le Budget communal de 4045 frs s'équilibre par 2800 frs de ressources ordinaires et de 1245 frs de ressources extraordinaires. La Caisse des Ecoles n'a qu'une somme de 80 frs votée chaque année par le Conseil municipal pour fournitures scolaires, mais les écoles ont chacune un legs de 50 frs attribué à l'élève le plus méritant ; le bureau de bienfaisance n'a aucune ressource, la fabrique de 1'Eglise a mille francs de recettes.
Renseignements divers
Pernois contribue à la nomination de 2 conseillers d'arrondissement, un conseiller général, un député et 3 sénateurs. Les affaires municipales ressortissent à la sous-préfecture de Doullens. La commune dépend aussi de Berteaucourt (perception, et télégraphe).
.Canaples (Poste), Domart (enregistrement, justice de paix, huissier, gendarmerie, hospice, contributions indirectes), Doullens (Caisse d'épargne, hypothèques, tribunal commissaire-priseur, contrôle, armées, ponts et chaussées, enseignement primaire), Amiens (vérification des Poids et mesures, forêts, mines), Abbeville (subdivision militaire et recrutement). Pernois a une étude de notaire. Pernois est une paroisse catholique. Elle a deux écoles, garçons et filles, une bibliothèque scolaire et populaire renfermant deux cent quatre-vingt-neuf volumes.
Mines. Carr¡ères
Aucune mine, ni carrière
Petite, moyenne et grande industrie
Plusieurs métiers à tisser la toile existent dans la commune, mais tendent à disparaître chaque jour ; trois moulins à farine et un moulin à huile sont mus par la Nièvre.
Améliorations et créations possibles
Il y a très peu d'amélioration à espérer, le pays tend à décroitre par suite du voisinage des fabriques Saint frères qui enlèvent tous les ouvriers à l'agriculture
 
COMMERCE
 
Nature et valeurs des produits exportés
L'exportation comprend seulement les produits agricoles ; un peu de grosse toile et les huiles d'œillette, de navette, de colza et de lin
Directions des courants commerciaux. Marches et Foires
Doullens est le centre principal des relations ; les marchés d'Amiens et de Domart sont aussi fréquentés par les habitants
Débouchés à créer.
Néant
 

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Date de dernière mise à jour : 28/10/2015