Lieu où fut un Château

Chateau 1
Le mot lieu a désigné un endroit quelconque puis une partie de domaine, enfin un domaine entier ; devenu à l’époque mérovingienne le syn. de «cortis» et de «villa».
  • lieu : du lat «locus"
  • pic. : «liu»
  • en anc. fr. Xème  «lieu»
  • en fr. : «lieu »

 

 «Château» : du lat «castellum» : lieu fortifié,

  • n anc. fr. «castel»
  • en pic. «caté»
  • «chastel>> XIlème «cathieu» «chasteau»

D'après le Pouillé de 1301, l’Eglise attenante au manoir episcopal, était desservie par des chanoines venus de l'Eglise de Saint Laurent au Bois et qu'avait institué l’Évêque Thibaut d’après le chirographe de 1202.

A titre de bénéfices, l'évêque leur avait attri­bué certains biens en stipulant qu'ils lui reviendraient en cas de disparition de leur institution. Lorsqu'en 1205, les églises de Saint Laurent au Bois et de Regny passè­rent au prieuré de Lihons, l'évêque retint en sa posses­sion la maison. C'est en 1290 après la disparition de leur ordre que l'évêque Guillaume de Maçon substitua aux chanoines un curé qui eut son habitation dans le manoir de l'évêque et mangeait à sa table.

 

Ce château servait de plaisance aux évêques d'Amiens. Cette résidence subit quelques restaurations et plus principalement, à partir de 1565. Le Cardinal de Créquy fit reconstruire le principal corps du logis, flanqué de deux tou­relles, au-dessus de la principale porte étaient placées les ar­mes du prélat (d'or au créquier arraché de gueule, écartelé au 1 de Créquy, au 2 d'hermine à la fasce de gueule, de trois fleurs de lys d'or qui est d'Assigny, au 3 de France au lion naissant qui est Soissons-Moreuil, au 4 contre écartelé, aux 1 et 4 de France à la Tour d'Auvergne et sur le tout du der­nier quartier d'or à trois besons de gueule qui est de Boulo­gne) .

Antoine de Créquy se plaisait à habiter cette demeure seigneuriale. En effet, sa famille possédait de nombreux domaines dans la ré­gion et plus particulièrement à Canaples, ter­roir de ces ancêtres. Monseigneur de Machault fut un des derniers utilisateurs de ce château avant de se réfugier à Tournai pendant les pé­riodes troublées de la révolution, il ne faut pas oublier de mentionner Monseigneur de la Motte qui, pendant plus de quarante années administra l'Évêché d'Amiens. A sa mort en 1774, les scellés furent apposés aux portes du château, l’in­ventaire précis nous détaille le mobilier, les nombreux livres et tableaux qui se trouvaient dans les différentes chambres et autres pièces. (Voir Histoire d’Evêques d'Amiens). Après la Révolution, tous les biens des Évêques furent confisqués et vendus comme biens nationaux. Inhabités pendant de nombreuses années, cette demeure perdit de son éclat pour tomber en ruines. Dusevel n’écrivait-il pas : «... cette demeure n’offre plus qu'une vaste solitude. Le silence règne partout dans ses appartem­ents déserts. On aperçoit encore sur les poutres des planchers des traces de peinture et de dorure, seuls restes de la magnificence des prélats qui l’habitèrent. Ses jardins, ses bosquets, ses pièces d'eau ont été en détruits et des chambres hautes de cet édifice, l'œil n’exerce plus que sur une campagne couverte de moissons. En 1904, les poutres de l’ancien château furent vendues à un amateur de Versailles.

Sources : 

CN 1882 Section B dite du Village

                          

 

 

Chateau

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Date de dernière mise à jour : 03/03/2018