Un financier

La Banque Coloniale

M. Froment-Guieysse, président de la Banque coloniale d'études aurait dilapidé plus de 80 millions.

Sur mandat de M. Garreau, juge d'instruction, à Paris, M. Pachot, commissaire aux délégations judiciaires, a procédé lundi matin à l'arrestation de Georges Froment-Guieysse, né en 1880 à Pernois (Somme), demeurant à Paris, 15 rue des Saint-Père, ancien président du Conseil d'Administration et administrateur délégué de la Banque coloniale d'études et d'entreprises mutuelles, dont le siège est 94 , rue de la Victoire, Société en liquidation judiciaire depuis le 21 avril 1931.

L'enquête faite par la section financière du parquet, a révélé que le capital de cette Société représentant 46 millions et les trois-quarts des capitaux investis dans quarante filiale, soit 35 millions, auraient été dilapidés. Le préjudice causé à l'épargne française dépasserait 80 millions.

M. Georges Froment dit Froment Guieysse, était une figure bien connu dans les milieux financiers parisiens. L'arrestation du financier ne surprit personne à la bourse de Paris.

M. Froment-Guieysse, dit-on s'occupait et engageait seul les opérations de la banque. Il s'intitulait lui-même, de l'empereur de la banque coloniale. Beau parleur, il rassurait facilement par son optimisme, les membres du Conseil d'administration et les actionnaires qui lui demandaient des précisions.

Grisé par de premier succès, il engagea l'argent de la banque dans des entreprises pas toujours de sérieuses garanties. Enfin la crise des affaires qui toucha un moment l'an dernier, les choses coloniales, lui fut fatale.

Au domicile du banquier arrêté, rue des Saint-Père, où il occupait avec sa famille un luxueux appartement de deux étages, on le présente comme un travailleur victime de son audace.

La Banque Coloniale d'études et d'entreprises mutuelles, dont les bureaux occupent trois étages de l'immeuble 94, rue de la Victoire, créée depuis 1914 par M. Froment-Guieysse lui-même, avait pris, ces dernières années, une très grande extension.

Son capital fut porté à 46 millions et une vingtaine de filiales, Syndicats d'exploitation coloniale, etc.. vinrent augmenter son importance.

Or dans le courant du mois de janvier dernier, la banque suspendait ses paiements. Le Conseil d'administration convoqué en hâte, révoquait son président, de graves fautes ayant été constatées dans sa gestion. Le 21 avril la banque était mise en liquidation judiciaire. Deux experts furent commis.

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