Historique du 8ème R.I

Composition

Le 8e Régiment d’Infanterie fait partie du 1er Corps d’armée, 2e Division, 4e Brigade devenue Infanterie de la 2e Division.
Ses généraux ont été successivement pendant la campagne :
 
1er CORPS D’ARMÉE : Général Franchet d’Espérey
  • Général Deligny.
  • Général Guillaumat.
  • Général de Fonclare.
  • Général Muteau
  • Général Lacapelle.
2e DIVISION : Général Deligny.
  • Général Brulard.
  • Général Guignabaudet.
  • Général Mignot.
4e BRIGADE : Colonel Pétain.
  • Colonel Doyen.
  • Colonel Lévi.
  • Colonel de Corn.
  • Colonel Roubert.
INFANTERIE 2e D.I. : Général Peschard d’Ambly.
  • Colonel Roubert.

SES CHEFS


COLONELS

  • Colonel Doyen, du 2 août 1914 au 1er septembre 1914, nommé au commandement par intérim de la 4e brigade d’infanterie. Tué à la Miette le 17 septembre 1914.
  • Lieutenant-colonel Rougeot, du 2 septembre 1914. Tué le 17 septembre 1914 à la ferme du Choléra.
  • Lieutenant-colonel de Clausade, du 17 septembre 1914. Tué le 12 octobre 1914 en avant de Pontavert.
  • Lieutenant-colonel Wiriot, du 12 octobre 1914. Blessé mortellement le 10 mars 1915 à Mesnil-lès-Hurlus. (Décédé le 15 mars 1915.)
  • Lieutenant-colonel Roubert, du 14 mars 1915, promu colonel le 30 juin 1917 et nommé au commandement de l’infanterie de la 2e division d’infanterie.
  • Lieutenant-colonel Duffour, du 30 juin 1917 au 22 novembre 1917, affecté au G. Q. G.
  • Lieutenant-colonel Gégonne, du 23 novembre 1917.

 

 

CHEFS DE BATAILLON
1er bataillon

  • Commandant de Clausade, du 5 août 1914 au 17 septembre 1914. Promu lieutenantcolonel.
  • Commandant Ebenrecht, du 19 septembre 1914 au 28 février 1915. Blessé à Mesnil-lès-Hurlus.
  • Capitaine Théry (Jean), provisoirement du 28 février 1915 au 12 mars 1915. Tué à la cote 196.
  • Commandant Hinaux, du 21 mars 1915 au 21 juin 1915. Promu lieutenant-colonel.
  • Commandant Marguet, du 23 juin 1915 au 29 juin 1915. Evacué pour maladie.
  • Commandant Jehenne, du 29 juin 1915 au 12 septembre 1915. Evacué pour maladie.
  • Commandant Lenoir, du 25 septembre 1915 au 12 septembre 1916. Blessé au bois d’Anderlu, évacué.
  • Commandant Brousseaud, du 12 septembre 1916 au 14 septembre 1916. Tué à la ferme Le Priez (Somme).
  • Capitaine Mancelin, provisoirement, du 14 septembre 1916 au 9 décembre 1916.
  • Commandant Lenoir, du 9 décembre 1916 au 24 janvier 1918. Détaché comme instructeur au cours d’artillerie, ensuite passé à l’A. S.
  • Capitaine Moisan, provisoirement, du 24 janvier 1918 au 27 mars 1918. Evacué malade.
  • Commandant Verspieren, du 27 mars 1918 au 21 janvier 1919. Démobilisé.
  • Commandant Mancelin, du 21 janvier 1919.

2e Bataillon

  • Commandant Lambolez, du 5 août 1914 au 15 août 1914. Blessé à Dinant.
  • Capitaine Lagniez, provisoirement, du 15 août 1914 au 29 août 1914. Tué à Guise.
  • Capitaine Bracq, provisoirement du 29 août 1914 au 2 septembre 1914. Blessé.
  • Capitaine Ancelin, provisoirement du 2 septembre 1914 au 17 septembre 1914. Blessé à la ferme du Choléra.
  • Commandant Singez, du 3 octobre 1914 au 9 octobre 1914. Evacué malade.
  • Commandant Wiriot, du 9 octobre 1914 au 12 octobre 1914. Promu lieutenant-colonel au régiment.
  • Commandant Lamboley, du 12 octobre 1914 au 17 octobre 1914. Promu Lieutenantcolonel.
  • Commandant Poncin, du 17 octobre 1914 au 3 novembre 1914. Evacué malade.
  • Commandant Brindejonc, du 30 novembre 1914 au 12 janvier 1915. Evacué malade.
  • Capitaine Lemar, provisoirement, du 12 janvier 1915 au 27 mars 1915.
  • Commandant Millet, du 27 mars 1915 au 11 avril 1915. Tué aux Eparges.
  • Capitaine Lemar, provisoirement, du 11 avril 1915 au 4 mai 1915. Blessé au bois d’Ailly.
  • Commandant Surre, du 14 mai 1915 au 21 janvier 1916. Evacué pour maladie.
  • Commandant Gaby, du 21 janvier 1916 au 27 février 1916. Tué à Verdun (Haudraumont).
  • Commandant Pourailly, du 3 mars 1916 au 28 mars 1918. Passé adjoint au chef de corps.
  • Commandant Guérin, du 28 mars 1918 au 3 mai 1919. Passé à l’armée d’Orient.
  • Commandant Pourailly, 3 mai 1919.
3e bataillon
  • Commandant Lambert, du 3 août 1914 au 2 décembre 1914. Blessé à Berry-au-Bac.
  • Commandant Droniou, du 4 décembre 1914 au 9 mars 1915. Blessé à Mesnil-lès-Hurlus.
  • Commandant Br. Glaizot, du 23 mars 1915 au 5 mai 1915. Prisonnier au bois d’Ailly.
  • Commandant Codevelle, du 9 mai 1915 au 3 juillet 1915. Evacué malade.
  • Commandant Matter, du 3 juillet 1915 au 22 juillet 1915. Remis à la disposition du corps d’armée.
  • Commandant Vignal, du 6 août 1915 au 28 mai 1916. Promu lieutenant-colonel.
  • Commandant Mougin, du 1er juin 1916 au 10 janvier 1917. Promu lieutenant-colonel.
  • Commandant Mancelin, du 10 janvier 1917 au 6 juin 1918. Evacué malade.
  • Capitaine Le Bret, provisoirement, du 6 juin 1918 au 27 juillet 1918. Blessé sur l’Ourcq.
  • Commandant Mancelin, du 11 août 1918 au 30 août 1918. Evacué pour maladie.
  • Capitaine Allix, du 5 septembre 1918 au 22 mars 1919. Démobilisé
  • Capitaine Le Bret, provisoirement, du 22 mars 1919 au 10 mai 1919.
  • Commandant Gardet, du 10 mai 1919.
 
Officiers supérieurs adjoints au chef de corps :
  • Chef d’Escadron Broussaud, du 21 janvier 1916 au 12 septembre 1916. A pris le commandement du 1er bataillon.
  • Commandant Pourailly, du 28 mars 1918 au 3 mai 1919. Replacé à la tête du 2e bataillon.
  • Lieutenant-colonel Vesque, du 6 mai au 18 juillet 1919. Nommé au commandement du 110erégiment d’infanterie
 

SES LUTTES – SES BATAILLES

 
 
1914
Embarquement à Saint-Omer, Calais et Boulogne le 5 août.
Débarquement à Martigny-Leuze (Aisne), le 6 août.
La Belgique, bataille de Dinant, 15 août.
La Retraite, Gué d’Ossus 26 août, Guise 29 août.
La Marne, du 6 au 17 septembre.
Secteur de l’Aisne, Ville-au-Bois – Pontavert – Choléra, du 17 septembre au 25 octobre.
Soupir, du 2 au 8 novembre.
Berry-au-Bac, du 20 novembre au 15 décembre.
1915
La Champagne, Mesnil-lès-Hurlus, 20 janvier au 14 mars.
Les Eparges, du 8 au 12 avril.
Bois d’Ailly, du 3 au 6 mai.
Mine, Choléra, Pêcherie, de mai à décembre.

ANNÉE 1914

 
Mobilisation – La Belgique.
Les trois bataillons du 8ème R.I., commandés par le colonel Doyen, se mobilisent respectivement à Boulogne, Calais et Saint-Omer, du 2 au 5 août.
Embarqué le 5 août, le régiment se concentre le 6 août, à Martigny-Leuze (Aisne).
Après un court séjour dans la région de Signy le Petit, les Mazures, le 8ème R.I. entre en Belgique le 13 août et cantonne à Otton et Florennes, qu’il quitte le 15 août pour arriver à Weillen, où il est placé en réserve. Les 15 et 16 août, le régiment prend effectivement part à la bataille de Dinant et s’empare de la citadelle, du sommet de laquelle il arrache le drapeau
allemand.
Le 17 août, le régiment est relevé et va à Sommières. La retraite commence dés le 22 août et, avec elle, cette longue série d’étapes qui ramènent nos troupes jusque sur la Seine.
Le 29 août, le régiment fait volte face, à l’enthousiasme général. Tout le monde croit à la reprise de l’offensive. Des ordres arrivent, en effet, qui va faire participer tout le 1er corps d’armée à une attaque décisive. Ordre est donné au 8ème R.I. de s’emparer du bois de Bertaignemont, ce qu’il fait superbement.
Mais mis en réserve le 30 août, le régiment doit se conformer encore au repli général : Missy, Pontavert, Treslon, Framery, Ablois Saint-Martin, Damery (sur la Marne), Champaubert, Sézanne sont les étapes qui conduisent le régiment à pied d’oeuvre pour la bataille de la Marne.
Pendant cette période très pénible où le régiment fit preuve d’un moral splendides, les pertes furent de :
OFFICIERS : 1 tué, 13 blessés.
TROUPE : 52 tués, 176 disparus, 369 blessés.
 
Bataille de la Marne.
La bataille de la Marne commence le 6 septembre. Le 8ème R.I. se dirige sur le village de la Noue, où il passe la journée face à l’ennemi. Ramené à 3 kilomètres en arrière, à l’Est de la forêt d’Arcay, dés 3 heures, le 7 septembre, il reprend ses positions de la veille qu’il quitte à 7 heures pour se diriger sur Seu, où il est en réserve de corps d’armée.
Le 8 septembre, le régiment se dirige sur Bergères sous Montmirail, lorsqu’une violente canonnade l’oblige à se replier sur Montvinot. Dans la journée, il participe avec le 110ème R.I., à la prise du plateau au nord de Bergères et enlève Bergères, où il s’installe en avant-postes.
La marche en avant continue pendant les journées suivantes : traversée du Petit-Morin le 9 ; et entrée à Reims le 13 septembre. Malgré la chaleur et les fatigues, le 8ème marcha avec une ardeur et un entrain remarquables.
Il perdit du 6 au 16 septembre 1914 :
OFFICIERS : 2 tués, 1 blessé.
TROUPE : 23 tués, 75 disparus, 206 blessés.
 
Combats du Choléra et de la Ville-aux-Bois.
Le 16 septembre, le régiment quitte Saint-Brice et se dirige sur Roucy, où il reçoit l’ordre de franchir l’Aisne à Pontavert et d’attaquer la ferme du Choléra. Deux attaques presque successives n’ayant donné aucun résultat, le régiment se replie sur la rive droite de la Miette.
Du 18 au 25 octobre, le 8ème occupe la Ville-aux-Bois et s’y organise, tout en y menant une lutte de mines très active.
Le 25 octobre, le régiment relevé se porte en réserve de corps d’armée dans la région de Roucy-Ventelay, d’où il est dirigé sur Soupir le 1er novembre.
Les pertes du 8ème pendant cette active période où commence la guerre de tranchées, furent très sévères.
OFFICIERS : 6 tués (dont 3 colonels), 6 blessés.
TROUPE : 93 tués, 156 disparus, 462 blessés.
 
Combats de Soupir et de Chavonne.
Immédiatement engagés dans la matinée du 2 novembre, les 2ème et 3ème bataillons du régiment réussissent à arrêter une forte attaque de l’ennemi. Le 2ème bataillon occupe Saint- Mard, sur la rive gauche de l’Aisne, le 3ème bataillon prend position à Pont d’Arcy (rive droite). Rassemblé le 3 novembre, dans la région de Brenelle Saint-Mard, le régiment y
demeure jusqu’au 6 novembre.
Du 6 au 12 novembre, il prend part aux attaques de Soupir et de Chavonne. Du 12 au 19 novembre, le 8ème est réserve de corps d’armée et cantonne successivement à Paars, Coulandon et Magneux.
Du 19 novembre au 9 décembre, le régiment occupe le secteur de Berry au Bac. Relevé le 10 décembre par le 28ème R.I., le 8ème est embarqué après un court repos, et placé en réserve de la 33ème D.I., dans la région de Somme- Tourbe – Hurlus.
Pertes de ces combats :
OFFICIERS : 2 tués, 1 disparu, 2 blessés. TROUPE : 120 tués, 102 disparus, 282 blessés.
 
 
 

ANNÉE 1915

 
 
La Champagne.
Du 1er au 19 janvier, le régiment bivouaque successivement à Laval, aux environs de Somme-Tourbe, prés de Perthes les Hurlus (en réserve de la 34ème D.I.).
Du 20 janvier au 15 février, relève par la 4ème brigade des troupes de la 33ème D.I. et occupation du secteur. Le régiment remplace le 7ème d’infanterie dans le secteur de Mesnil les Hurlus.
Le séjour dans les tranchées de ce secteur fut très pénible, en raison de la boue et du froid :
OFFICIERS : 1 tué, 1 disparu, 4 blessés.
TROUPE : 36 tués, 161 disparus, 115 blessés.
 
Combats de la Butte du Mesnil.
Le régiment participe aux attaques du 16 février et des journées suivantes (affaire des tranchées Brunes et Grises, du bois Trapèze, bois Jaune-Brulé, cote 196, Butte du Mesnil),
 ’une façon continue jusqu’au 13 mars.
Le 13 mars, le régiment est acheminé par étapes à l’Est de Verdun, à la caserne Chevert.
Pendant cette très dure période de combats, le régiment perdit :
OFFICIERS 9 tués, 4 disparus, 6 blessés.
TROUPE : 184 tués, 239 disparus, 409 blessés.
 
Les Eparges.
Le 8 avril, le régiment est dirigé sur le Tilliat, fort de Rozellier, tranchée de Calonne, puis sur la position des Eparges, ou il se bat jusqu’au 12 avril, contribuant pour une large part jusqu’au 12 avril, contribuant pour une large part, à l’enlèvement de la « Forteresse des Eparges ».
Relevé les 12 et 13 avril, il va cantonner à Rupt en Woëvre.
Les combattants des Eparges n’oublieront jamais ce terrain où chaque blessé qui tombait s’enlisait et disparaissait dans la boue.
Le 8ème R.I. perdit en quatre jours de glorieux combats :
OFFICIERS : 6 tués, 3 disparus, 12 blessés.
TROUPE : 100 tués, 297 disparus, 570 blessés.
 
Bois d’Ailly.
Du 14 au 28 avril, le régiment est amené par étapes à Lérouville, où il est mis à la disposition du général commandant la 15ème division d’infanterie. II assure jusqu’au 6 mai la garde du secteur allant de Brosseitte au bois d’Ailly inclus.
 
Secteur de l’Aisne.
Relevé le 7 mai, le régiment est dirigé sur Pontavert, où il relève le 148ème R.I. le 29 mai.
Devenu garnison de secteur, il y restera jusqu’au 3 août. A noter l’attaque du bois de la Mine, exécutée avec un plein succès, le 7 juin 1915.
Le régiment est relevé dans les nuits des 3 et 4 août par le 33ème R.I. Après un court repos dans la région Pévy-Prouilly, il est chargé d’effectuer des travaux dans la région nord du bois de Beaumarais et de Berry au Bac, exécutés en vue de l’offensive de septembre 1915, à laquelle il doit participer.
Du 24 septembre au 5 octobre, le régiment occupe le secteur du Choléra, prêt à attaquer. Il est ensuite à nouveau chargé de travaux dans la région de Gernicourt.
Les 15 et 16 novembre, le 8ème R.I. relève le 245ème R.I. dans le sous-secteur « Miette-les-Bois », qu’il occupe jusqu’au 28 décembre, date à laquelle il est relevé. Il va cantonner dans la région Roucy-Pévy, où il est chargé de travaux.
Pertes de ce secteur :
OFFICIERS : 1 tué, 3 blessés.
TROUPE : 68 tués, 3 disparus, 214 blessés.

Année 1916

 

Pendant qu’un bataillon tient les tranchées de Chauffour  jusqu’au 8 février, les deux autres sont à l’instruction, dans la région de Vendeuil-Courcelles.

 Tout le régiment est ensuite à l’instruction dans la région de Hourges-Vendeuil, puis dans le camp de Ville en Tardenois, qu’il quitte le 21 février pour Verdun.

 Deux étapes à pied, deux autres en camions amènent le régiment le 25 février, à 19 heures, à la ferme Chevert (prés de Verdun).

Verdun

 Dans la nuit du 26 au 27, départ dans la direction de la Ferme Haudremont, dont la croupe devient l’objectif du régiment. Les 1er  et 2ème  bataillons escaladent avant le jour les pentes du sud de la ferme, en chassant les défenseurs, s’installent sur la position et repoussent dans la même journée, trois contre-attaques furieuses menées par des effectifs supérieurs en nombre et précédées de bombardements d’une violence extrême. De même, dans les journées des 28 et 29, toutes les contre-attaques allemandes restent infructueuses, fauchées, disloquées immédiatement par nos feux de mousqueterie, nos mitrailleuses et les 75.

 Relevé dans la nuit du 29 au 30 par le 160ème  R.I., le régiment va cantonner à la caserne Marceau.

 Le 2 mars, soumis à un violent bombardement, le régiment quitte les casernes en pleine nuit et se porte au rassemblement articulé dans le ravin sud du fort de Souville, où il stationne jusqu’au 7 mars, sous un bombardement ininterrompu.

 Relevé le 7 mars, le régiment va cantonner à la caserne Bévaux, d’où il s’embarque en camions pour aller se reformer dan la région de Belrain.

 Sa brillante conduite à Verdun ayant valu au 8ème R.I. une citation à l’ordre du XXème  Corps d’Armée, transformée par la suite en citations à l’ordre de la IIème Armée, le 15 mars, le général Joffre, commandant en chef, remet la Croix de Guerre au drapeau du régiment, au cours d’une revue de la 2ème  D.I.

 Pertes de ces heures glorieuses :

OFFICIERS : 7 tués, 3 disparus, 11 blessés.

TROUPE : 160 tués, 77 disparus, 565 blessés.

 

Chemin des Dames.

 Du 12 avril au 16 juillet, le régiment tient le sous secteur de Paissy, sur la Chemin des Dames, secteur à coups de mains réciproques

 Relevé le 16 juillet, le 8ème  R.I. remplace immédiatement le 33ème  R.I., au nord de Vendresse, où il reste jusqu’au 25 juillet.

 Un court repos, une période d’instruction, quelques étapes à pied, par voie ferrée, en auto, et le régiment est à fin août, en arrière du front de la Somme.

 Pertes durant ce séjour :

OFFICIERS : 1 tué, 1 disparu, I blessé.

TROUPE : 27 tués, 8 disparus, 57 blessés.

 

La Somme.

 Du 6 septembre au 5 octobre, le régiment prend une part glorieuse aux combats victorieux livrés par nos troupes. Du 12 au 19 septembre, il mène sept jours de lutte incessante qui lui font s’emparer du bois d’Anderlu, des tranchées de l’hôpital et du Trentin, de la ferme le Priez et ses organisations.

 Relevé dans la nuit du 19 au 20, par le 43ème  R.I., il va au bivouac à l’ouest de Maricourt.

Du 26 au 29 septembre, d’abord en réserve de la 1ère  D.I., le régiment remonte en première ligne avec la 2ème  D.I. Il s’empare des tranchées de Morval et de Prilep, aux abords de Sailly-Saillisel.

Il est relevé dans la nuit du 4 au 5 octobre par la 56ème  D.I.

 Le 21 octobre, le régiment obtenait, avec sa deuxième citation à l’ordre de l’armée, le droit au port de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre.

 Transporté dans la région de Châlons-sur-Marne, le régiment occupe successivement, du 17 octobre au 28 novembre, au nord de Mesnil-les-Hurlus, le sous-quartier des Loups, puis le sous-secteur de Beauséjour.

 Il est ensuite relevé et cantonne à Varimont, puis à Aubigny et à Ramerupt.

 Pendant les deux périodes de victorieux combats dans la Somme, le 8ème  R.I. perdit :

OFFICIERS : 9 tués, 18 blessés.

TROUPE : 210 tués, 102 disparus, 842 blessés. 

ANNÉE 1917

 

Beauséjour.

 Le 7 janvier, le régiment monte en ligne dans le sous secteur de Beauséjour, où il relève la 51ème  D.I. Des bombardements très violents les 12, 13, et 14 février, préparent une forte attaque ennemie qui se déclanche le 15. Malgré l’intense préparation d’artillerie et l’explosion de plusieurs mines, tous les éléments de l’ennemi viennent se briser contre le front du 8ème R.I., qui reste inébranlable.

 Relevé le 27 février, le régiment est acheminé par étapes dans la région Chaudard- les- Concevreux, où il travaille à l’aménagement de son futur secteur d’attaque dans les bois de Beaumarais.

 Pertes de ce secteur :

OFFICIERS : 1 tué, 1 disparu, 5 blessés.

TROUPE : 53 tués, 146 disparus, 146 blessés.

Offensive de Champagne – Chevreux.

 Le régiment monte en ligne le 8 avril. Il doit s’emparer du bastion de Chevreux.

 L’attaque, déclenchée le 16, est arrêtée au bout de quelques minutes de progression par des nids de mitrailleuses nombreux ayant échappé à la destruction de notre artillerie. Mais seul de tous les régiments voisins, le 8ème  R.I. pénètre fortement dans les lignes ennemies, s’y maintient jusqu’au 19 avril sous un bombardement effroyable et repousse de nombreuses contre-attaques ennemies.

 Il obtient sa troisième citation à l’Ordre de l’Armée.

 Relevé le 19 ; après une période de repos de dix jours dans la région de Rebais, il accomplit une période d’instruction de vingt cinq jours aux environs du camp de Mailly, puis il est dirigé sur Provins, où il est maintenu au repos jusqu’au 8 juillet.

 Pertes de ces offensives :

OFFICIERS : 7 tués, 4 disparus, 12 blessés.

TROUPE : 127 tués, 134 disparus, 698 blessés.

Offensive des Flandres.

 Embarqué en chemin de fer le 8 juillet, le régiment est transporté dans les Flandres où, du 17 au 30 juillet, il a un bataillon en ligne sur le canal de l’Yser (sous-secteur d’Het-Sas) et deux bataillons aux travaux, cantonné à Westvleteren.

 Le 5 août, le 8ème  R.I. relève le 201ème R.I. dans la région de Korteker.

 Le 16 août, il attaque avec plein succès, dans un terrain marécageux, rendu impraticable tant il est bouleversé, traverse le Stembeck, s’empare de deux blokhaus fortement occupés et de la ferme Champaubert, et conserve le terrain conquis malgré une forte contre-attaque.

 Relevé le 22 août par le 201ème  R.I., le régiment est mis à l’instruction en vue d’une prochaine attaque en liaison avec l’armée britannique.

 Elle se produit le 9 octobre. Après avoir franchi le Broenbeck, le 8ème  R.I. s’empare des hameaux de Mangelaere et de Veldhoek, et s’installe sur le plateau de Manglaere, d’où il tient  sous ses feux toute la lisière sud de la forêt d’Houthulst. Il fait replier en désordre une forte contre-attaque ennemie et conserve ses gains dans un terrain inondé.

 Relevé le 16 octobre par l’armée britannique, le régiment après six jours de repos, est employé à des travaux, puis tient à nouveau le secteur de Mangelaere, à partir du 20 novembre jusqu’au premiers jour de décembre.

 A la suite de ses brillants exploits dans les Flandres, et notamment, à la suite de ses succès dans les journées des 16 août et 9 octobre, le régiment obtient ses quatrième et cinquième citations à l’Ordre de l’armée.

 Le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la médaille militaire lui est acquis.

 

 Pertes à déplorer :

OFFICIERS : 2 tués, 10 blessés.

TROUPE : 181 tués, 5 disparus, 598 blessés.

ANNÉE 1918

 

 De Belgique, le régiment gagne par étapes, la région de Senlis. Il gagne de là la région de Soissons où il est employé jusqu’au 8 février, à des travaux aux environs de Celles sur Aisne et Crécy au Mont, puis la région de Berry au Bac, où il travaille à nouveau au sud de l’Aisne jusqu’au 20 mars.

 Le 28 mai, après le succès de l’ennemi au Chemin des Dames, le 8ème  R.I. est embarqué en auto et transporté rapidement dans la forêt de Laigue, d’où il gagne à pied la région de Courtieux.

 Le 31 mai, il se porte à Courtençon, dépasse Coeuvres et revient dans la direction du nord à Amblemy, où il reçoit l’ordre de garder la rive sud de l’Aisne, face à Fontenoy.

 

Vertefeuilles

 L’ennemi attaque sans répit et menace la forêt de Villers-Cotterêts. Le 2 juin, le régiment reçoit l’ordre de se porter en toute hâte vers la forêt de Retz.

 Le 3 juin, l’ennemi réitère ses attaques sur la ferme Vertefeuilles – Bonne Maison, et sur la lisière de la forêt. Le 273ème  R.I. doit abandonner Vertefeuilles devant la violence de l’ennemi. Irrésistiblement, le 1er bataillon contre-attaque, reprend la ferme et reste inébranlable.

 Pendant ce temps, le 2ème  bataillon assurait magnifiquement la défense du village de Dommiers.

 Le 6 juin, le régiment relevé rejoint en camions la 2ème  D.I. engagée à La Ferté Milon, et le 8 juin, relève un régiment dans le secteur de Saint-Vaast (faubourg de la Ferté Milon).

 Pertes de ces attaques :

OFFICIERS : 2 tués, 7 blessés.

TROUPE : 49 tués, 8 disparus, 234 blessés.

Le Bois Boche.

 Le 29 juin, l’ordre est donné de s’emparer des avant-postes ennemis sur tout le secteur de la D.I. Ce même jour, l’ordre recevait un commencement d’exécution, et le 30 juin, le Bois Marais, le Bois Boche et le Bois Carré tombaient entre nos mains. Enfin, le 4 juillet, le succès était complété par la prise du « Chemin Creux », où l’ennemi se cramponnait désespérément.

 Pertes de cette attaque :

OFFICIERS : 1 tué, 3 blessés.

TROUPE : 29 tués, 7 disparus, 126 blessés.

Offensive de l’Ourcq.

 L’offensive victorieuse de l’Ourcq se déclanche le 18 juillet. D’abord réserve de la D.I., le 1er  bataillon prend l’attaque à son compte le 20 juillet, dépasse Maubry et s’empare de Ressons et Tréville, malgré la résistance des défenseurs.

 Fortement contre-attaqué, il se bat corps à corps et reste sur les emplacements conquis.

Pendants ce temps, le 2ème  bataillon prend le bois de Latilly. L’attaque est reprise à la tombée de la nuit ; les deux bataillons  traversent le Wadon et s’emparent de la ferme Le Chêne, du bois des Savards et du château de Montigny et atteint la route nationale n° 37. Le régiment continue sa progression les 23 et 24 juillet, atteint le Ru Garnier et la voie ferrée Château-Thierry – Nanteuil-notre-Dame, dans la direction Bruyères-Fère-en  Tardenois, nettoyant ainsi une profondeur de terrain de 12 kilomètres.

 Le 8ème  R.I. obtient sa sixième citation à l’Ordre de l’Armée, qui lui donne droit au port de la Fourragère à la couleur de la Légion d’Honneur. Cette distinction lui sera conférée le 4 octobre 1919 par le maréchal Pétain, commandant en chef les armées de l’Est.

 Pertes de cette offensive :

OFFICIERS : 5 tués, 15 blessés.

TROUPES : 148 tués, 26 disparus, 679 blessés.

L’Ailette.

 Retiré de la bataille de l’Ourcq le 27 juillet 1918, le régiment fut mis en réserve pendant dix jours dans la zone des anciennes premières lignes, au nord-ouest de Château-Thierry, puis mis à la disposition du général Mangin, commandant la Xème Armée, il fut rapproché du front de l’Aisne.

 Engagé de nouveau le 20 août, il mène jusqu’au 29 une série de durs combats contre la garde prussienne, dans la région de Pont-Saint-Mard. C’est de nouveau pour le 8ème  R.I., l’occasion de remporter d’autres succès, et il se distingue encore en enlevant à l’ennemi la ferme de « Malhôtel ».

 Relevé dans la nuit du 30 au 31 octobre, le régiment va cantonner dans la région de Rethondes.

 Pertes de ces combats :

OFFICIERS : 4 tués, 1 disparu, 7 blessés.

TROUPE : 76 tués, 43 disparus, 382 blessés.

 

Secteur d’Alsace.

 Transporté par voie ferrée en Alsace, le 8ème  R.I. tient le secteur du 17 septembre au 26 octobre. Secteur calme, troublé quelquefois cependant par des coups de mains réciproques.

Retiré le 20 octobre, le régiment gagne par étapes, la région de Nancy, où il doit prendre part dans la Xème Armée, à une grande offensive, mais la Victoire de nos Armées à obligé l’ennemi à demander grâce. Dans la journée du 11 novembre.

 Le 8ème  R.I. apprend l’Armistice et en témoigne une joie digne et grave.

Occupation rhénane.

 Joyeux et fier, le régiment a l’honneur de traverser les lignes un des premiers et de pénétrer en Lorraine reconquise aux environs de Metz, d’entrer le premier à Sarrelouis. Puis traversant les provinces rhénanes, il participe le 14 décembre, au premier défilé triomphal des troupes françaises à Mayence et à Wiesbaden.

 Puis, le 8ème  R.I. va organiser le secteur nord-est de la tête de pont dans le Taunus rhénan.

 Le 1er  mars 1919, les trois bataillons du régiment s’embarquaient pour revenir dans leurs garnisons respectives qu’ils avaient quittées cinq ans auparavant et où une réception enthousiasme leur était réservée.

 Avec quelle fierté le 8ème  peut regarder en arrière les cinquante et un mois de durs combats qu’il vient de mener :

 « Régiment d’élite » - « Magnifique régiment au glorieux passé » - « Valeureux et fier régiment qu’animent la plus belle ardeur combative et le plus noble esprit de sacrifice » - Tels sont les termes élogieux qui qualifient le régiment dans ses dernières citations.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 06/02/2016