Historique de la 15ème Section de C.O.A.

SERVICES DES ARMÉES
Opérant sur les Théâtres Extérieurs
Les services administratifs étant absolument indispensables aux troupes en campagne, il a fallu créer et organiser ceux nécessaires aux diverses formations d'armées envoyées sur les théâtres d'opérations extérieures, au fur et à mesure que l'Italie, la Grèce, la Roumanie entrèrent, à nos côtés, dans la lutte contre l'Allemagne et ses alliés.
Le dépôt de la 15e Section de C. O. A. fut chargé de recevoir tous les C. O. A. affectés à ces services et de les diriger, au furet à mesure des besoins, sur leur destination.
C'est ainsi qu'ont été créés selon la marche des opérations les éléments ci-après, où l'on trouve un détachement de la 15e Section de C. O. A.
En Italie. — Base de Tarente et détachements de la Mission Française et des lignes de communications.
En Grèce. — Bases de Corfou, Salonique, Moudros, détachement de Vodena, Itéa, Moraïtika.
Dépôts d'Éclopés Nos 1, 2, 3, 4 et dépôt de Névolani.
En Serbie. — Détachement d'Uskub et Mission Française d'Albanie.
En Autriche. — Base de Fiume, détachement de Raguse, détachement principal de l'armée du Danube, et détachement de la G. R. de Szeged.
En Roumanie. — Bases de Varna, Galatz, Constanza.
En Turquie. — Base de Constantinople.
En Syrie. — Base de Beyrouth avec ultérieurement les annexes principales de Mersina, Alexandrette, Damas.
En Égypte même. — Base de Port-Saïd et détachement du Camp de Suez.
La 15e Section a fourni en outre, le personnel troupe nécessaire aux services de l'Intendance des 1re,2e, 30e, 57e, 76e, 122e, 156e Divisions métropolitaines et des 11e, 16e et 17e Divisions d'Infanterie Coloniale. principe, emmenant toujours avec elles leurs services administratifs) on peut conclure que les hommes de la 15e Section de C. O. A. qui ont fait partie des éléments en campagne, ont été partout, sinon à l'honneur, du moins au danger, au cours des opérations qui se sont déroulées d'Août 1914 à Novembre 1918, en France : de la mer du Nord à la Suisse ; et hors de France : de l'Italie à l'Égypte, en passant par la Serbie, la Grèce, l'Autriche-Hongrie, la Roumanie, la Turquie d'Europe et celle d'Asie, avec même une pointe en Russie méridionale.

Près de 17.000 hommes ont été inscrits sur les contrôles : du Corps dont 10.000 (en chiffres ronds) ont fait partie des services divers aux armées et 7.000 ont été employés dans les services du territoire ou de l'arrière. Tous ont fait vaillamment leur devoir, et si certaines de leurs actions n'ont pas été accomplies dans la lumière des grandes batailles, elles n'en sont pas moins glorieuses et méritent qu'on s'en souvienne.
Leur conduite au cours des opérations de ravitaillement soumises très souvent au feu de l'ennemi, a toujours nécessité de leur part un courage et une abnégation dignes d'éloges.
En particulier, le détachement principal de la 15e Section de C. O. A. faisant partie intégrante du XVe Corps mobilisé, a servi avec ce dernier dans la région de Verdun en 1916 et a eu l'occasion de se distinguer.
Le XVe Corps a tenu du 21 Mai au 2 Novembre 1916 le Secteur de la côte 304 (Rive gauche de la Meuse). Dans ce Secteur existaient plusieurs Magasins situés à des distances variant entre 2 et 4 kilomètres dé la ligne ennemie et, par conséquent, soumis à un bombardement intense de jour et de nuit. Dans chaque magasin étaient deux ou trois C. O. A. chargés d'assurer les distributions aux troupes, de vivres de réserve et d'alcool solidifié pour réchauffer les aliments dans les tranchées de 1re ligne. Ces C. O. A. ont eu une conduite brillante qui leur a valu de flatteuses citations.
C'est d'abord en Juin 1916, le Sergent BALAZARD, le Caporal BASTIDE et le soldat SEGURA qui, détachés au Magasin de Secteur du Bois de Béthelainville, sont sortis volontairement de leur abri pour porter secours à des Zouaves de la 38e Division qui venaient d'être blessés en venant à la distribution.
Cet acte de courage a été accompli sous le bombardement qui continuait, sur le rapport du Chef d'Escadron Commandant d'Armes du Bois de Béthelainville, le Général Commandant le XVe Corps a récompensé cette conduite en citant à l'ordre du Corps d'Armée le caporal BASTIDE et le soldat SEGURA qui avaient déployé la plus grande bravoure. Le Sergent BALAZARD,qui venait seulement de prendre le service au Secteur, reçut une citation à l'ordre du Régiment.
Un mois plus tard, en Juillet, le soldat SEGURA, toujours volontaire pour les missions périlleuses du ravitaillement était grièvement blessé aux deux jambes par l'éclatement d'un obus à l'entrée du village d'Esnes. Il mourut à l'Ambulance de Froidos des suites de ses blessures, non sans avoir été récompensé in-extremis par la concession de la Médaille Militaire accordée par le Général Commandant le XVe Corps d'Armée.
En Juillet 1916 également, le Caporal BRIEC, volontaire pour la gestion du Magasin de Secteur d'Esnes, était blessé au cou par un éclat d'obus et récompensé par une citation à l'ordre du Régiment.
En Août 1916, le Caporal REYNAUD,conduisant une colonne de ravitaillement entre Brocourt et Dombasle, était grièvement blessé aux deux jambes par l'explosion d'un obus allemand ; peu de jours après il était amputé des deux jambes à l'ambulance de Ville-s/-Cousance et recevait du Général Commandant le Corps d'Armée la Médaille Militaire.

Tous ces faits prouvent suffisamment de quel moral élevé étaient animés les C. O. A. du Détachement Principal du XVe C. A. mobilisé.
Témoin également la citation dont ont été l'objet deux sous-officiers et 17 caporaux et soldats du Groupe d'Exploitation de la 156e D. I. en Mai 1919, lors de l'évacuation d'Odessa.
Le groupe des convoyeurs maritimes a été particulièrement atteint par la guerre sous-marine ; sur un effectif de 60 hommes, 35 ont disparu en mer au cours de torpillages, les survivants donnant le plus bel exemple d'énergie au cours des manoeuvres de sauvetage. Le Commandant du vapeur Marc- Fraissinet à la suite du torpillage de son navire, le 28 Octobre 1917, a signalé notamment « la conduite digne de tous les éloges du soldat convoyeur ARNAL Joseph qui a aidé. l'équipage dans les manoeuvres de sauvetage et eut tout le temps, une attitude courageuse et calme. »
Les C. O. A. appartenant aux jeunes classes, ont été versés dans les armes combattantes en exécution de la loi MOURIER et parmi eux, le nombre est grand de ceux qui furent tués à l'ennemi ou grièvement blessés.
Les C. O. A. de la 15e peuvent être fiers de leur Section dont on a vu le numéro sur tous les fronts de la plus grande des guerres. Ils ont été animés partout, aussi bien aux armées qu’à l'arrière, d'un zèle et d'un dévouement qui leur ont permis de surmonter mille et mille difficultés dans leur tâche obscure, abordée toujours avec une ardeur suggérée par une conception élevée de leur devoir, basé sur l'amour de la Patrie et pour la plus grande gloire de la France.
26 Janvier

http://tableaudhonneur.free.fr/15eCOMA.pdf

1 vote. Moyenne 4.00 sur 5.

Date de dernière mise à jour : 07/02/2016