Historique de 14ème Régiment d'Infanterie Territoriale

14ème régiment d’infanterie territoriale

http://tableaudhonneur.free.fr/14eRI.pdf

L'histoire générale des opérations de guerre effectuées par le 14ème RIT depuis le début de la campagne est facile à établir, car si le régiment a été chargé de secteurs délicats et pénibles, il a eu chaque fois l'honneur d'y demeurer longtemps.

Le régiment faisait partie avec le 16ème R. I. T. de la 162ème  brigade qui entrait elle-même dans la composition de la 81ème division avec la 161ème brigade (11ème et 129ème R. I. T.).

Période de manœuvres du 4 août au 27 septembre 1914.

Dès les premiers jours de la mobilisation le régiment prenait position dans le nord entre Saint-Omer et Bourbourg. La marche rapide de l'ennemi sur Paris menaçait de couper toute ligne de retraite vers la direction Amiens-le Tréport et le 14ème dut, conformément aux ordres reçus, effectuer une série de marches et contremarches pour descendre sous Rouen d'abord et remonter ensuite jusque sous Arras.

A ce moment, le régiment ne fut pas exposé aux coups de l'ennemi, mais il dut faire à pied le trajet d'Amiens, Rouen, Gournay-en-Bray, Arras, marchant sans interruption du 20 août inclus au 27 septembre 1914 inclus et débutant par une étape de deux jours et une nuit consécutifs.

 

Combats en Artois

 

Du 28 septembre au 11 octobre 1914.

Le 28 septembre 1914, le régiment faisait partie du groupe de divisions Brugère, allait prendre position au bois du Logeast devant Ablainzelle pour former l'aile gauche de l'armée française et couvrir les débarquements de troupes actives qui exécutaient ce qu'on a appelé depuis : la course à la mer.

Le 14ème R. I. T. dut alors combattre sans arrêt jusqu'au 11 octobre, date à laquelle il fût relevé.

L'heure était d'autant plus critique que le régiment ne disposant que de ses fusils comme armement, n'était pas couvert par une artillerie suffisante.

Les munitions faisaient défaut pour les bouches à feu qui devaient tirer avec une extrême modération.

La ligne, après avoir tenu, dut finalement reculer à partir du 3 octobre sous le coup d'attaques sans cesse plus puissantes. Elle finit par se fixer à Hannecamps et Bienvillers-au-Bois.

Dans la nuit et la matinée du 10 octobre, le 2ème bataillon avait été chargé de contre-attaquer pour essayer de reprendre le village de Monchy--Bois perdu la veille par une division voisine.

Dans tous ces combats le régiment avait été décimé. Les effectifs étaient considérablement diminués. Il fallait procéder à la reconstitution du corps d'officiers.

Malgré les pertes subies, malgré la fatigue extrême, le moral du régiment n'était pas abattu.

Il avait fallu reculer quelque peu malheureusement, mais la mission dévolue avait quand même été remplie.

Retiré de la ligne de feu, le régiment se reformait et était de nouveau prêt à combattre. Après une descente au sud d'Amiens il remontait vers le nord et débarquait à Adinkerque (Belgique) le 3 novembre 1914.

Combats en Belgique

Du 8 au 12 novembre 1914.

Le 8 novembre 1914 le régiment venait prendre position sur la rive gauche de l'Yser à Nieuport-Bains.

Le 10 novembre 1914 le régiment traversait l'Yser à son embouchure sur deux pontons et gagnant du terrain vers le nord, s'établissait à hauteur et à l'ouest de Lombaertzyde.

Le soir même une première réaction de l'ennemi était repoussée, Le 11 novembre, l'ennemi qui avait reçu des renforts attaqua à nouveau après avoir violemment bombardé Lombaertzyde tenu par un régiment voisin. Ce village fut perdu vers 15 heures par cette unité qui se replia sans maintenir la liaison avec Nieuport-Ville. Le 14e R. I. T. complètement débordé sur sa droite dut se reporter en arrière et arriva à fixer l'ennemi sur une ligne passant par la grande Dune et le Mamelon-Vert.

La situation n'en était pas moins particulièrement critique. Le régiment voisin s'étant replié de Lombaertzyde vers la pointe nord de l'embouchure de l'Yser, toute la liaison était perdue avec Nieuport-Ville sur une distance de 5 à 6 kilomètres.

Une tempête violente montée vers la fin de la journée avait d'autre part coupé toute communication avec Nieuport-Bains.

Le régiment se trouvait donc à cette pointé de l'Yser, le 11 novembre au soir, sans ravitaillement en munitions, toutes les armes grippées par le sable volant de tous côtés, enfin sans liaison avec l'unité la plus proche.

Incidemment la situation se compliquait d'un violent incendie qui éclatait à Nieuport-Bains et dans l'obscurité éclairait tous les mouvements exécutés sur la rive droite du fleuve.

Malgré tout, le régiment parvint dans la nuit à gagner Nieuport-Ville. Il était sauvé. Les éléments de couverture ne se replièrent que le matin mais purent eux aussi rentrer dans nos lignes.

Défense de Nieuport-Bains et Nieuport-Ville (Belgique)

du 13 novembre 1914 à fin août 1915.

Le 12 novembre matin, le 14ème avait repris position à Nieuport-Bains défendant la rive gauche de l'Yser.

Cette attaque sur la rive droite qui avait failli se terminer par un désastre s'achevait sans pertes excessives, grâce au sang-froid du régiment.

Le 29 novembre, le commandement ayant décidé d'envoyer au repos la brigade qui tenait Nieuport-Ville, le 14ème  fut chargé de la défense de cette ville, importante tête de pont. En effet la possession du terrain devant Nieuport non seulement assurait un débouché sur la rive droite de l'Yser mais, en outre, la libre disposition des écluses permettant de tendre les inondations qui entravèrent si fortement les opérations ennemies.

L'eau étant à fleur de sol, il était impossible de creuser des tranchées et les hommes vivaient littéralement dans la boue délayée. Le 7 janvier 1915 seulement le régiment était relevé.

Tous avaient tenu malgré la fatigue, l'épuisement même, résultant d'un séjour rendu aussi pénible par les conditions du terrain que par les réactions de l'ennemi particulièrement dures.

Nieuport-Ville fut en effet toujours bombardée avec violence et par tous les calibres jusqu'au 420.

Il n'est pas surprenant que nombreux soient les camarades qui reposent dans les cimetières de la vieille cité flamande.

De relève en relève avec l'autre brigade de la division, le 14ème (en coopération avec le 4e zouave colonel Eychène et la brigade des fusiliers marins de l'amiral Ronar'ch) tint le secteur de Nieuport- Ville jusqu'à la fin d'août 1915. Il était alors mélangé avec des troupes d'activé.

Entre temps le 44ème, pendant une relève, avait subi à Bergues le bombardement de 1915 (Mai).

On doit noter spécialement que jamais les sections de mitrailleuses ne furent relevées et qu'elles restèrent en ligne depuis fin novembre 1914 jusqu'en fin août 1915. Ce seul fait suffit à démontrer à la fois l'endurance dont les mitrailleurs durent faire preuve et l'intérêt que le commandement attachait à leur présence.

Défense de la Fosse Calonne

de septembre 1915 au 10 février 1916.

Le 14ème, à cette date, au lieu d'aller au repos, fut dirigé sur la fosse Calonne (Pas-de-Calais) entre Loos et Souchez.

Il tint ce secteur depuis septembre 19L5 jusqu'au 10 février 1916 concurremment avec le 168 R. I. Ti Ce secteur subissait des bombardements assez violents pour être notés au communiqué.

Malgré cela, grâce à un dévouement et à un labeur, la fosse Calonne fut si fortement organisée que la division fut citée à l'ordre du corps d'Armée, et qu'au moment de la relève il était prévu que, même tournée, la fosse Calonne continuerait à être tenue par sa garnison pour servir de point d'appui aux contre-attaques.

Le 14e fut ensuite, après quelques jours de repos, chargé de travaux en première ligne dans la Somme pour les attaques du printemps de 1916. Il subit des pertes tant dans les lignes que dans les cantonnements.

Défense des secteurs de Bailly, la Haie noire, Tracy-le-Val du 1er juillet au 16 novembre 1916.

Puis le 1er juillet 1916, le 14ème vint dans l'Oise prendre le secteur de Bailly, la Haie-Noire. Le régiment d'activé qui tenait Tracy-le-Val ayant été appelé par ailleurs au bout de quelques jours, le 14e appuya vers l'est et prit le secteur de la Haie-Noire et de Tracy-le-Val.

Ce dernier village est suffisamment célèbre dans les fastes de la guerre pour qu'il ne soit pas besoin de dire qu'il constituait un secteur agité. Si les canons ne restaient pas silencieux, l'artillerie de tranchée faisait preuve d'une activité soutenue.

Il arrivait couramment à l'ennemi d'envoyer dans une seule journée 300 torpilles ou obus de 24 sur nos tranchées.

Défense des secteurs Tracy-le-Val l'Etoile-Madame

Du 6 au 17 mars 1917.

Après avoir été relevé le 18 novembre 1916 pour aller faire des travaux dans la Somme, le 14e revenait le 5 mars 1917 prendre ce même secteur de Tracy-le-Val, avec celui voisin vers l'est de l'Etoile-Madame.

L'ennemi qui s'apprêtait à se replier, fit subir à Tracy-le-Val et à sa région un bombardement des plus violents par obus de toute espèce, y compris les obus à gaz.

Malgré toutes les précautions prises, des pertes quotidiennes ne purent être évitées. Elles auraient été beaucoup plus dures sans les hasards heureux, grâce auxquels des obus pénétrèrent dans des abris pleins d'hommes sans éclater.

Poursuite de l'ennemi jusqu'à l'Ailette du 17 au 23 mars 1917.

Enfin le 15 mars 1917 l'ennemi se repliait. Le 14ème le poursuivait jusqu'à l'Ailette. La 81ème division dont il faisait partie était alors relevée, et le régiment partait sinon au repos, tout au moins à l'arrière des lignes nouvelles pour y effectuer des travaux urgents.

La 81ème division territoriale était dissoute le 8 avril 1917, et transformée en division active.

Travaux divers d'avril 1917 à janvier 1918.

Le 14ème fut alors occupé à divers travaux en arrière du front très certainement en compensation de ce qu'il n'avait jamais quitté la zone de feu depuis le début de la guerre. Il y fut maintenu jusque fin janvier 1918.

A plusieurs reprises partie de ses unités fut bien envoyée à nouveau dans la zone immédiate de feu, mais néanmoins toute cette période ne comprend pas d'évènements dignes d'être signalés.

Dissolution du Régiment Vers la fin de janvier 1918, le régiment recevait l'ordre de constituer un bataillon en unité isolée destinée à devenir réserve d'infanterie active. Le 1erbataillon fut désigné pour partir sous le commandement de son chef habituel le commandant Chassinat. Ce bataillon fut rapidement renforcé et muni d'une S. H. R.

C'était la fin du 14ème comme régiment. En effet, quelques jours plus tard, le régiment était officiellement dissous.

Ainsi disparaissait une unité qui avait combattu et qui toujours avait su remplir à la satisfaction du commandement les missions qui lui avaient été confiées,

Soit comme division, soit comme brigade, il comptait plusieurs citations à l'ordre du corps d'Armée ou de groupements y équivalant.

La Somme

1er février au 30 mars 1918.

Le 1er bataillon qui subsistait seul du 14ème partait donc le 31 janvier par fer de Noyon pour aller rejoindre le 36ème C. A. alors en Belgique. Là il était affecté à la 2ème D. I.

L'ennemi pour préparer et appuyer sa formidable offensive de mars se mit à battre avec une extrême violence et une continuité soutenue toute cette région de Nieuport-Dunkerque. Les hommes du 14ème durent accomplir une série de travaux dans une zone sans aucune protection et bombardée.

Des alertes s'ensuivirent. Enfin le 30 mars l'ordre d'embarquer arrivait et le 14ème partait vers la Somme avec la 29ème D. I.

1er au 15 avril1918.

Le 14ème après les marches d'approches voulues se trouvait finalement le 3 en réserve de D. 1. A Dommartin. La division venait prendre le secteur d'Hangard-en-Santerre.

Le 4, par suite de la perte de Moreuil et de l'avance ennemie jusqu'au bois Sénécat, le 14ème était appelé en ligne et recevait la garde du bois de la côte 105, entre Dommartin et Hailles. La situation était critique, le bois était l'objet d'un bombardement intense de nuit et de jour. Il fallait garder cette ligne soigneusement, tout en évitant des méprises fâcheuses des troupes amies manœuvrant sur le flanc.

La conduite du 14ème fut à hauteur de la situation et il mérita les éloges écrits du Colonel commandant le sous-secteur pour sa belle tenue.

Le 7 au soir, le 14ème recevait un ordre de déplacement et devait gagner le village de Thézy-Glimont pour mettre la vallée en état de défense et interdire le cas échéant coûte que coûte tout passage à l'ennemi.

Au moment où le mouvement pouvait commencer l'ennemi déclenchait un tir de barrage particulièrement violent. Néanmoins, grâce au sang-froid aussi bien des hommes que des commandant d'unité, le bataillon parvenait à effectuer le mouvement prescrit sans grave incident.

Enfin, le 15 au soir, le 44ème recevait l'ordre de relève et gagnait des cantonnements en arrière.

La division était entièrement relevée et se dirigeait sur Marseille-en-Beauvaisis par la route.

Le 14ème dans cette période subit des pertes inévitables.

 

15 avril au 24 août 1918.

Le 30 avril, le bataillon s'embarquait avec la 29ème D. I. pour aller après quelques jours de repos à Verdun, secteur de Bezonveaux.

Au moment où il commençait à monter en secteur il recevait contre-ordre et affecté directement au 36e C. A. allait rejoindre celui-ci dans les Flandres. Il débarquait région Cassel le 8 mai et' était réparti dans la région avoisinant le mont d Cats. Séjour pénible, toute la région étant encore soumise à de violents bombardements.

Le 31 mai, le bataillon partait avec le 36ème C. A. -et après plusieurs étapes intermédiaires gagnait Nancy où il restait jusqu'au 2 août.

A cette date il se rembarquait en chemin de fer et retournait avec tout le corps d'armée vers Marseille-en-Beauvaisis.

Après un séjour sous Montdidier le 14ème se trouvait finalement le 24 août à Cottenchy.

Le 8 août il avait été transformé. La C. M. était enlevée pour constituer un bataillon de mitrailleuse 36° C. A. Le surplus du bataillon resta comme bataillon de pionniers.

 

24 août au 20 novembre 1918.

A partir du 24 août le bataillon fait avec le 36ème C. A. l'avance sur St-Quentin d'abord et ensuite après la prise de cette ville dans la direction N.-E. Il la termina à Givet après avoir traversé la Wallonie le 20 novembre 1918.

Le 24 septembre le bataillon avait été affecté à la 133ème D. I., mais ses unités avait été réparties entre cette D. I. et le 36ème C. A.

Toute cette période fut assez pénible. Le bataillon contribua à rétablir les passages que l'ennemi avait détruits notamment ceux sur la Somme.

Dissolution du 14ème R.I.T.

20 novembre au 30 janvier 1919.

Le 5 décembre le bataillon repartait sur l'arrière avec la 133ème D. I. et le 33ème C. A. Finalement il se rendait à Etreux (Aisne) où il était démobilisation Le dernier détachement s'embarquait le 30janvier.

Ainsi disparaissait le 14ème R. I. T. après quatre années et demie de guerre.

II est en droit de dire qu'il a pleinement fait son devoir. Toutes les missions qui lui ont été confiées ont été remplies à la satisfaction du commandement.

Quelque critique qu'aient pu être les situations dans lesquelles il s'est trouvé à plusieurs reprises, jamais son moral n'a faibli. Il a su montrer qu'il était vraiment une unité combattante et que l'on pouvait sans crainte compter sur lui.

Tel il a été et tel il serait encore s'il fallait.

Août 1919.

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Date de dernière mise à jour : 06/02/2016