La Procession de 1888

29 AVRIL 1888 : Bénédictions de six statues

 La cérémonie que cette paroisse préparait depuis longtemps a eu lieu le Dimanche 29 avril, dans des conditions particulièrement favorables que nous tenons à signaler. On devait bénir six belles statues dont quatre nouvelles, offertes par la reconnaissance et la générosité de plusieurs familles éminemment chrétiennes, et les deux autres richement réparées aux frais d’une main amie et charitable.

  • Notre-Dame du Sacré-Coeur
  • Sainte Anne enseignant la Sainte Vierge
  • Saint Nicolas
  • Sainte Catherine
  • Saint Pierre
  • Saint Paul

Le jour de la cérémonie, le soleil, après quelques hésitations, se montre dans un ciel sans nuages. Dès deux heures la paroisse présente une animation inaccoutumée. Les cloches annoncent le moment de solennité. Tout s’organise comme par enchantement. Un grand enthousiasme s’empare de cette bonne population, et chacun est fier d’être désigné pour remplir la plus humble fonction. Bon nombre de prêtres avaient bien voulu répondre à l'appel du zélé curé : M. le Doyen d'Albert, M. l'abbé Demarsy, Procureur à la Providence, MM. les curés de Saint-Léger, Berteaucourt, Ribeaucourt, Halloy, Canaples et M. l’abbé Dhavernas, prêtre retraité dans la même paroisse.

Un brillant escadron de jeunes cavaliers volontaires forme un avant-garde d’honneur et ouvre la marche de la procession.
Voici venir les brillants étendards de saint Martin, de l’Enfant-Jésus, du Sacré-Cœur, de Notre-Dame de Lourdes, de saint Joseph, portés par les jeunes gens et les jeunes filles qui forment autant de groupes divers, vêtus d’insignes sym¬boliques.
Après les groupes de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, on admire l'ange gardien. Près de lui marche une légion de tous petits enfants qui portent et accompagnent la statue de l'Enfant-Jésus. Viennent ensuite les enfants des écoles avec leurs oriflammes aux couleurs variées, étincelant sous les feux du soleil. De riches festons tapissent les brancards qui supportent les statues. Six arcs de verdure, rivalisant de fraîcheur et d’élégance, font de tout le parcours, une voie triomphale. On y lit successivement ces inscriptions : A la Reine des anges, la musique de Pernois ! Gloire à Dieu et à ses saints ! Gloire à Dieu admirable dans ses saints, etc... De temps à autres, des hymnes, des chants de circonstance et les joyeuses symphonies de la musique municipale agrémentent cette marche triomphale.
Sur toute l’étendue règne un ordre et un silence parfaits; les lieux parcourus par le cortège offrent des sites pittoresques qui ajoutent un cachet tout particulier à cette admirable procession. M. le Doyen d’Albert, après la bénédiction liturgique des six nouvelles statues, gravit un monticule escarpé, et du haut d'une chaire improvisée, dominant tout à la fois et la foule immense réunie à ses pieds, et toutes les habitations du pays, prononce avec cette onction et ce talent qu’on lui connaît, une touchante allocution. Il parle longuement de la grandeur des Saints dans le ciel, et de leur puissante interces¬sion auprès de Dieu, et n’oublie pas de consacrer quelques mots à chacune des nouvelles statues.
L’orateur remercie, en termes délicats, les généreux habitants de Pernois qui avaient si bien répondu au zèle de leur dévoué pasteur, et qui avaient tant à cœur de contribuer à l'ornementation de l’église, Pour terminer, l'orateur évoqua le souvenir encore vivant de Monseigneur de la Motte, qui vint si souvent se reposer de ses labeurs à Pernois pendant son long épiscopat.
Cette belle manifestation de la foi chrétienne laissera des traces profondes dans l'esprit et le cœur des fidèles.
 

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Date de dernière mise à jour : 02/06/2015